[RÉCIT DE PARTICIPANT] Émilie Lebel, à la découverte des mondes

Le 10 juillet 2018

« J’ai l’impression qu’il y a des mondes »

Propos recueillis dans le cadre d’un interview avec Émilie Lebel emilielebel.pro@gmail.com

« Je suis médiatrice culturelle dans le secteur du spectacle vivant et je réalise de la coordination artistique également. Deux axes forts dessinent mon travail : l’accompagnement des publics et l’accompagnement des artistes afin d’inventer des dispositifs de médiation. Ce qui m’intéresse plus particulièrement, ce sont les projets de territoires qui amènent un autre regard. J’aime l’idée d’extraire le sensible du spectacle vivant pour mettre en partage nos émotions, ce qui nous touche, ce qui nous échappe, l’esprit critique également qui peut y avoir sur l’aspect artistique. Parisienne à l’origine, je vis désormais à Lyon. Je suis citadine mais avec une sensibilité prononcée pour la nature, ses grands espaces, ses espaces de rêverie… Je me sens parfois dans cette contradiction entre une nature qui apaise et le citadin qui voit la nature comme quelque chose d’inquiétant »

Qu’est-ce qui t’amène dans ce summerlab ?

« Avant tout l’envie d’être dans des espaces innovants, pour savoir comment élaborer en collectif. Je cherche à être indépendante, mais toujours en gardant une dynamique collective, surtout ne pas être isolée. Je m’intéresse pas mal à l’intelligence collective. Le thème Récits Nature m’a attiré également car je suis sensible aux philosophies des Colibris de Pierre Rabhi et j’aimerais faire se croiser ma pratique professionnelle et cette sensibilité.

Je suis arrivée au summerlab par bouche à oreille. »

Qu’est-ce que tu y vois ?

« J’ai l’impression qu’il y a des mondes : le monde des chercheurs, qui bidouillent avec des personnes qui codent, et puis il y a des artistes qui sont dans des questionnement plus philosophiques. Et il y a des tentatives de faire se croiser ces deux mondes. J’aime bien me balader pour les observer… J’ai aussi l’impression que les artistes s’emparent facilement des propos des scientifiques qui interviennent. Leurs échanges enrichissent les deux visions il me semble, celles plus créatives des artistes et celles plus protocolaires des scientifiques. Chacun prend de la hauteur. »

Et Récits-Nature dans tout ça ?

« Je ne perçois pas toujours de façon cohérente ce thème. C’est plus un prétexte pour bricoler : on fait des collectes pour faire des images, du sons, etc. Mais finalement, qu’est-ce qu’on raconte avec ça ? J’ai l’impression que ça chemine. Je prends ces temps d’expérimentation comme ils sont, mais pour le moment ce n’est pas forcément très clair sur ce que ça me raconte.

J’ai découvert le terme anthropocène, j’ai l’impression qu’on place l’homme au cœur de toutes nos réflexions. Le thème nature serait un peu comme l’objet de médiation de ce summerlab et le récit ce qui serait produit. Il manque peut-être des espaces de discussion sur les questions environnementales, la place de la technologie en lien avec cet environnement : est-ce que la technologie va nous être utile pour trouver d’autres systèmes pour vivre sur Terre ou va-t-il falloir abandonner la technologie ? »