[RÉCIT DE PARTICIPANT] Alexia Jacques Casanova « Le temps de la nature : une pulsation »

Le 18 juillet 2018


Propos recueillis dans le cadre d’un interview avec Alexia Jacques Casanova alexia.j.casanova@gmail.com

«Originaire de la région PACA, après 9 ans à l’étranger, je décide de m’installer à Saint-Nazaire. À l’étranger, j’ai beaucoup travaillé dans le domaine du « community art », c’est une dénomination pour laquelle nous n’avons pas vraiment d’équivalent en France, avec le « creative placemaking » qui sont des démarches de démocratie culturelle et d’investissement du territoire à travers l’art, la culture sous toutes ses formes. Depuis que je suis en France, j’accompagne les musées et les collectivités à concevoir leur programmation culturelle avec leurs publics. »

Qu’est-ce qui t’amène dans ce summerlab ?

« L’intérêt de rencontrer des personnes avec des profils divers pour voir comment toute cette créativité peut transpirer, dégouliner dans l’espace public. Je cherche des initiatives qui investissent l’espace public de façon créative, artistique. Ça rejoint ce que je faisais à l’étranger et c’est ce que je pensais trouver ici. L’aspect expérimentation également est un point qui a motivé ma présence ici : tester des trucs et si ça ne marche pas, tant pis. »

Qu’est-ce que tu y vois ?

« Beaucoup de rencontres difficiles à former autre part. Ça fait 3 ans que je suis à Saint-Nazaire et là je rencontre enfin des artistes ! C’est une vraie opportunité et un espace pour faire des rencontres artistiques nazairiennes. C’est aussi un moment où je peux juste me laisser porter, ça me change de mon quotidien professionnel où c’est souvent moi qui suis force de proposition. C’est super agréable de se laisser embarquer par la proposition de quelqu’un d’autre.

J’aimerais bien que ce type de moment arrive plus souvent à Saint-Nazaire ou que l’on ait un espace pour ça… »

Et Récits-Nature dans tout ça ?

« Au départ je pensais qu’il fallait que l’on exprime la nature dans ce que ça nous évoque… alors que je réalise que c’est l’inverse : c’est la nature qui se raconte à nous, elle exprime quelque chose, on est là pour lui offrir un nouveau canal d’expression.

Il y a beaucoup de question de visible et invisible, perceptible, imperceptible. Et puis une temporalité totalement différente, de nouvelles temporalités. Il y a l’idée que quand on est en contact avec la nature, on est en contact avec une temporalité qui est beaucoup plus étendue que la nôtre. Il y a aussi le fait que le temps que l’on passe avec la nature est totalement hors du temps, il n’est pas compté, pas réglé, c’est un moment qui n’est pas linéaire. Le temps avec la nature est plus de l’ordre de la pulsation. »