[RÉCIT DE PARTICIPANT] Maxime Bossard : Oublions la nature ! Parlons éthique

Le 18 juillet 2018



Propos recueillis dans le cadre d’un interview avec Maxime Bossard mxbossard@protonmail.com

Je suis Orléanais, architecte logiciel : mon travail actuel consiste à tester les performances des logiciels et à les améliorer. À titre personnel, j’aime bien me délester des choses matérielles, j’ai l’impression que pour vivre j’ai besoin de rien ou presque. En parallèle, et de façon tout à fait paradoxale, j’aime bien bricoler, même pour faire des choses que je peux juger inutiles. Les choses vraiment utiles ça ne m’intéresse pas. Par exemple, je suis végétarien et je pourrais passer ma vie dans un jardin mais ça m’intéresse pas plus que ça. Quand j’étais jeune, je bricolais chez mes oncles artisans. Comme je n’ai pas d’outils et pas de lieu pour bricoler… je bricole pas mal sur ordinateur , puis j’ai vu l’arrivée des imprimantes 3D et je me suis dit «  pour fabriquer des choses qui servent à rien c’est génial ! ». J’ai découvert le travail de La Labomedia lors d’une exposition qui m’a enthousiasmé et de fil en aiguille j’ai atterri dans leur Atelier du Coin où je peux finalement assouvir ma passion du bricolage.

Qu’est-ce qui t’amène dans ce summerlab ?

« Plutôt la découverte, découvrir ce que font les gens. J’ai envie d’avancer un peu sur mes projets personnels mais dans un cadre sympathique avec des gens, pas seul chez moi. Je peux éventuellement aider au besoin, ce qui ne s’est pas encore produit. Je bricole des trucs, je prends des notes, je prends du recul, j’oublie mes notes, etc… et ainsi de suite, mais j’avance quand même.  »

Qu’est-ce que tu y vois ?

« Je suis assez surpris, je vois beaucoup d’œuvres artistiques. C’est pas mal comme ouverture à la population, comme médiation à la technologie, même si je me considère comme inculte en art.
Il y a la Loire, ce qui est pas mal car on reste sur la Loire comme à Orléans, ou Nantes… et puis des gens qui discutent, plein de gens tantôt studieux, tantôt en train de festoyer. »

Et Récits Nature dans tout ça ?

« J’ai pas vraiment de récits nature… c’est marrant la nature j’aime bien, je suis fervent écologiste, végétalien, etc. Mais je commence à entrevoir la nature comme quelque chose de plus en plus indéfini. Il me semble que la nôtre est plutôt définie par ce que l’on va mettre dans la non-nature. Je m’explique : par exemple ce que l’on considère comme non-naturel : le plastique, la production d’énergie, les objets synthétiques, etc. Pourquoi ce que produit l’homme ne serait pas naturel alors que ce que produit des animaux le serait ? Il fut un temps où des bactéries ont stocké du CO2 dans du calcaire que l’on considère aujourd’hui naturel, modifiant profondément leur environnement. Il me paraît envisageable de considérer un futur dans lequel le plastique serait naturel.
Le naturel est vraiment mouvant dans le temps, selon les époques, en fonction de ce que produit l’homme à mon avis. Ce terme de nature est profondément relatif il me semble.
On devrait choisir la notion d’« éthique » pour parler de choses qui sont produites de façon raisonnable et non naturelle.
Pour moi, en politique, quelqu’un qui fait appel à la nature ça n’a plus de sens. Par exemple, dire que l’on va protéger la nature ça n’a pas de sens, puisque chacun possède son interprétation de la nature. Alors qu’adopter des comportements éthiques vis à vis de son environnement ça, ça se tiens.
La nature serait ce qui n’est pas technologique ? Ça me pose question. Le retour à la nature par exemple, ça veut dire quoi ? Pour caricaturer, il y a une époque où il n’y avait que des atomes d’hydrogènes, alors faudrait-il revenir à cet état là ? Je n’en suis pas certain. La nature pourrait être un marqueur du changement.
L’éthique serait plutôt de fixer certains principes et de s’y tenir comme conserver l’environnement dans un état d’équilibre, en faisant des produits biodégradables par exemple. Donc je dis : oublions la nature ! »