[RÉCIT DE PARTICIPANT] Edith Doove, le processus avant tout

Le 7 juillet 2018

Propos recueillis dans le cadre d’une interview avec Edith Doove doove.edith@gmail.com

Issue d’une famille d’artiste, originaire du sud des Pays-Bas, Edith est historienne de l’Art et commissaire d’exposition depuis 1987 en Belgique (longtemps directement chez elle, puis dans un musée en Flandre). Après 23 années de travail dans le milieu de l’art, elle a souhaité prendre un temps de réflexion au travers d’un doctorat en sciences humaines. Un doctorat sur l’importance du rire dans la collaboration.

(https://pearl.plymouth.ac.uk/handle/10026.1/10382)

Qu’est-ce qui t’amène dans ce summerlab ?

« Ma curiosité d’abord, qui m’amène partout. Je connaissais déjà Jean-François Rolez et Dominique Leroy, ce sont eux qui m’ont invité à participer au summerlab. Et je connais d’autres artistes ici à Saint-Nazaire qui participent, par exemple Régine et Jérôme également du Projet Neuf.

Je m’intéresse aux dynamiques artistiques qui sont en dehors des circuits artistiques traditionnels et je me suis dit que je pourrais trouver des choses intéressantes ici dans ce summerlab. »

Qu’est-ce que tu y vois ?

« Le processus pour développer librement des choses, c’est ça qui m’intéresse. Il n’y a pas de programme réel, mais ça donne la possibilité… de quoi, on ne sait pas, mais c’est exactement ça qui donne envie de faire des choses. Au final, des choses se développent quand même, et il y a des résultats.

Nous avons déjà un peu abordé ce genre de démarche qui est dans une certaines forme de lenteur, avec des conférences très longues que l’on a mis en place à Plymouth, où un dîner est inclus dans la conférence par exemple.

Ce que je vois ici c’est ce qui m’intéresse le plus : pas le produit fini, mais le processus ! C’est très convivial, très ouvert, je ne perçois pas de tensions. »

Et Récits Nature dans tout ça ?

« Il y a la présence de Xavier Bailly qui intervient, il y a la dimension promenade, les sorties… la dimension software n’est pas forcément très liée à mon sens mais ça m’intéresse quand-même parce que je ne connais pas du tout et comme je suis curieuse…. L’arpentage de livre* d’hier était une discussion qui m’a beaucoup intéressé sur le sujet.

Pour moi, ce sujet est important car j’ai déjà développé des projets en direction de la nature en Belgique et ces dernières années j’ai écrit plusieurs critiques sur des nouveaux œuvres pour le magazine en ligne Leonardo Reviews.

La notion d’anthropocène m’intéresse fortement, notamment comment on peut utiliser l’art pour trouver des réponses, des solutions à certains des problèmes que l’on peut rencontrer.

Pas pour sauver le monde, car je pense que c’est un peu perdu. Quand il fait si chaud que ça, il y a une raison, mais au moins pour savoir comment vivre avec ça, avec ce fait. L’art c’est une nécessité, et c’est une façon de créer des récits. Les récits sont créés dans l’art. Il me semble qu’il y a un retour de l’art et de la poésie dans la science et que c’est très important pour dire quelque chose sur la nature. Ce titre de Récits Nature est donc emblématique à mon sens. »